COVID 19 ET SAISON DES PLUIES: Ne baissons pas la garde !

Elle était très attendue, la saison des pluies, elle s’est enfin installée. Cette période de l’année est accueillie diversement par la population. Pendant que les agriculteurs l’attendent pour débuter la campagne agricole, les habitants des zones inondables la redoute pour les dégâts qu’elle pourra occasionner. Mais cette année, la population avait une attente particulière: l’arrivée des pluies pourrait marquer la fin de la maladie à coronavirus.

Salif OUEDRAOGO est au milieu d’un terrain en friche à Loumbila, une petite ville située à quelques encablures de la ville de Ouagadougou. Il y déverse de la fumure organique et compte en faire un jardin potager. « Nous avons besoins d’une bonne saison pluvieuse pour avoir de bonnes récoltes, mais avec la la maladie à coronavirus on prie Dieu pour ne pas l’attraper car cela pourrait nous empêcher de travailler. On espère qu’avec le changement de saison la maladie ne va pas trop fatiguer les gens » confie Salif OUEDRAOGO.
Ouagadougou, quartier Pissy; Hamidou KAGAMBEGA est assis devant son étale de céréales. Il espère que la campagne agricole de cette année sera meilleure que celle écoulée afin de faire de bonnes affaires. Il nourrit un secret espoir depuis l’apparition de la maladie à coronavirus au Burkina Faso le 09 mars 2020 : « en tant que vendeur de céréales j’attends toujours les premières gouttes de pluie avec impatience car il y va de mon intérêt, mais cette année-là (sourires) j’étais trop pressé que la pluie tombe parce que l’eau va partir avec le coronavirus pour que nous puissions travailler tranquillement ». Cette idée est partagée par bon nombres de personnes.
Il est 10h, l’heure de l’émission « Résilience » sur Radio Burkina. Cette émission a été créée pour passer un message d’espoir et de positivité face à la crise sécuritaire et sanitaire que vit le Burkina Faso. Au cours de l’émission, Alima KANSSAYE l’animatrice donne la parole à un auditeur. Il est porteur d’un message d’espoir. « Dans une de vos émissions moi j’avais parlé de cette maladie et je reviens aujourd’hui encore vous dire que la maladie va partir avec la pluie », confie l’auditeur. Que pensez donc de cet optimisme dont font preuve certaines personnes ? Un avis d’un spécialiste de la santé est important pour démêler le vrai du faux.
« Des gens peuvent mourir du paludisme en croyant être atteint du Covid 19 »
Quartier Zone du bois , dans les studios de la Fondation Hirondelle Dr Moumini NIONE se prépare pour une interview . Ici, il est le conseillé éditorial de la rédaction de l’émission «Parlons coronavirus». Une émission de sensibilisation au Covid 19. Dès l’apparition de la maladie à coronavirus au Burkina Faso, le Dr Moumini NIONE spécialiste en santé communautaire a organisé la riposte communautaire en créant le comité de volontaires pour la lutte contre la Covid 19 . Ses séances de sensibilisation sur le terrain lui ont permis de constater que la population a baissé la garde depuis l’installation de la saison pluvieuse « Beaucoup de gens se disent que la Covid 19 est fini et comme la courbe de la maladie baisse ils se disent que cela est due à la pluie. Cela n’est pas vrai. C’est plutôt l’observance des mesures barrières qui peut expliquer cette tendance baissière », explique le Dr Moumini NIONE.
Selon les dires du Dr NIONE la saison des pluies peut être une période à risque. « Des gens peuvent mourir du paludisme en croyant être atteint du coronavirus pour la simple raison qu’ils peuvent confondre les signes du paludisme avec le coronavirus étant donné que ces deux maladies ont des signes similaires comme le mal de tête et la fièvre par exemple. Se disant donc qu’ils souffrent du coronavirus ils peuvent refuser de se faire prendre en charge selon le plan de riposte mis en place par l’Etat car malheureusement certaines personnes refusent l’hospitalisation. Au final ces personnes peuvent mourir du paludisme par manque de soins appropriés », explique le Dr NIONE. Cet état d’esprit de certaines personnes inquiète le Dr NIONE qui demande d’être prudent. « J’en appelle à la prudence de la population. Elle ne doit pas baisser la garde mais continuer de respecter les mesures barrières et les consignes des autorités sanitaires », exhorte le Dr MOMINI NIONE spécialiste en santé communautaire.

Clémence TUINA

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