ISCOM Masterclass : Un ‘’baobab’’ du journalisme africain partage son expérience avec les étudiants de l’ISCOM

Le mercredi 31 octobre 2018, les étudiants de l’Institut Supérieur de la Communication et du Multimédia (ISCOM) ont eu l’honneur de recevoir l’éminent journaliste, écrivain et animateur à RFI, Sayouba TRAORE pour le premier masterclass de l’année.

Dans le souci de permettre à ses étudiants de toucher du doigt les réalités du monde professionnel et du monde des médias et de la communication en particulier, l’ISCOM a institué des masterclass au cours desquels des professionnels viennent partager leurs expériences. C’est dans cette lancée que Sayouba TRAORE, journaliste, écrivain et animateur de l’émission ‘’le coq chante’’ sur Radio France Internationale (RFI) a été reçu à l’ISCOM pour le premier masterclass de l’année, le mercredi 31 octobre 2018.

De son parcours qu’il a retracé, Sayouba TRAORE découvrit Ouagadougou lorsqu’il avait 11 ans, tout droit venu du Yatenga, plus précisément de Ouahigouya, sa ville d’origine. Il fréquentera au Lycée Protestant de Tanghin où il obtint son BAC en 1976. Pur produit de l’Université de Ouagadougou de laquelle il fut de la première promotion, Sayouba TRAORE y obtint sa maitrise en lettres modernes en 1978 avant de s’envoler quelques mois plus tard pour la France.

Passé par le journal ‘’Libération’’, il est aujourd’hui sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) où il anime une émission ‘’le coq chante’’. De son parcours, son expérience, son opinion sur certains sujets, l’essentiel des échanges qu’il a eus avec les étudiants de l’ISCOM. 

Comment s’est faite la jonction entre votre métier de journalisme et celui d’écrivain ?
Il n’y a pas eu jonction en que tant tel. J’ai toujours pratiqué l’écriture, mais j’avais l’impression que mes écrits n’avaient pas tant de valeur. A l’époque il y avait le concours de la nouvelle de la francophonie, parrainée par l’académie française. Une des nouvelles que j’ai écrites intitulée ‘’L’œuf’’ fut envoyé au jury par mon directeur de thèse. Deux ans plus tard, j’ai été surpris lorsque j’ai su que mon œuvre avait remporté le premier prix. ‘’L’œuf’’ fut ensuite publiée dans un recueil et j’ai eu plusieurs commandes d’écriture de nouvelles. C’est un peu comme cela que tout est parti.

Que pensez-vous de l’exercice du métier de journalisme au Burkina ?

Il y a du bon et du mauvais. Je me rappelle qu’il y a eu une attaque terroriste à Fada faisant sept morts. Etant en France, je suis rentré du travail espérant en savoir plus sur ce sujet à travers le journal de la télévision nationale. Grande fut ma surprise lorsque le journal s’est ouvert sur le match des étalons, un concours musical et, une audience du Président du Faso. C’est seulement après tous ces faits que l’élément sur l’attaque terroriste est passé. Cela est inadmissible. Il faut que nous puissions d’abord nous prendre au sérieux avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Aussi avec les nouveaux moyens qui sont mis à notre disposition, les jeunes s’adonnent beaucoup plus à la facilité. Il faut cependant noter que les moyens financiers font aussi défaut dans bon nombre de cas, ce qui rend un peu complexe l’exercice du métier.

Que pensez-vous de la formation de des journaliste au Burkina Faso ?
La formation des journalistes est une question à prendre très au sérieux car le journalisme est la base de la conscientisation. C’est un levier très important pour le développement d’une nation. Il a un rôle social et économique extrêmement important.

Que pensez-vous de l’initiative ISCOM ?

C’est une initiative à saluer. Il faut que l’information soit replacée au centre de ce qui se fait. Parlant par exemple de l’artisanat (puisque je suis au Burkina dans le cadre du SIAO) il faudrait valoriser ce qui se fait traditionnellement pour garder les valeurs essentielles et valoriser les processus de production pour que les acteurs puissent en vivre. Mais pour le faire il faudrait un travail de sensibilisation, d’information et d’éducation. Comment l’informateur peut-il intervenir dans un processus aussi complexe si ce dernier à des lacunes ? Raison pour laquelle des initiatives à l’instar de celle de l’Institut Supérieur de la Communication et du Multimédia (ISCOM) sont fortement à encourager et je me réjouis qu’une telle initiative ait vu le jour.

Y. D. OUEDRAOGO
ISCOM

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